Le chômage aggrave la qualité de vie pendant la pandémie

Le chômage aggrave la qualité de vie pendant la pandémie

Pendant les premiers mois de la pandémie de COVID-19, les inégalités sociales ont fortement influencé la qualité de vie liée à la santé dans six pays : la Chine, l’Italie, les Pays-Bas, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis. Une enquête en ligne menée entre avril et juin 2020 auprès de 17 607 personnes âgées de 18 à 75 ans a révélé des écarts marquants selon le niveau d’éducation, les revenus et la situation professionnelle.

Les personnes sans emploi ont systématiquement déclaré une qualité de vie plus mauvaise dans tous les pays, avec des scores de santé moins bons que ceux des actifs. En revanche, l’impact du niveau d’éducation et des revenus a varié selon les pays. Au Royaume-Uni, les différences étaient les plus prononcées : les personnes peu éduquées ou à faibles revenus ont montré une qualité de vie significativement inférieure à celle des autres groupes. En Chine et en Italie, cependant, les revenus n’ont pas semblé jouer un rôle majeur dans ces écarts.

L’enquête a utilisé un outil standardisé pour évaluer cinq dimensions de la santé : la mobilité, les soins personnels, les activités quotidiennes, la douleur et l’anxiété. Chaque dimension était notée de 1 à 5, un score élevé indiquant une santé plus altérée. Les résultats ont confirmé que les personnes souffrant de maladies chroniques, les jeunes et les chômeurs étaient les plus touchés par une baisse de leur qualité de vie.

Les Pays-Bas, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis ont également montré que les personnes à faibles revenus avaient une qualité de vie moins bonne que celles à revenus élevés. En Suède et au Royaume-Uni, les écarts entre les groupes de revenus étaient particulièrement nets, avec une différence de deux points dans les scores de santé. En Chine, en revanche, le niveau d’éducation n’a pas eu d’impact significatif sur la qualité de vie, contrairement aux autres pays où les personnes moins éduquées ont systématiquement déclaré une santé plus précaire.

Le chômage s’est révélé être le facteur le plus déterminant. Dans tous les pays, les personnes sans emploi ont obtenu des scores de santé bien inférieurs à ceux des actifs, avec des écarts allant jusqu’à trois points. Ce constat souligne l’importance de la stabilité professionnelle pour le bien-être, surtout en période de crise. Les maladies chroniques ont également joué un rôle majeur, réduisant significativement la qualité de vie dans tous les pays étudiés.

Ces observations mettent en lumière des inégalités structurelles qui persistent même en temps de crise sanitaire. Elles montrent que l’accès à l’éducation, la sécurité financière et l’emploi restent des piliers essentiels pour une bonne santé, et que leur absence aggrave les disparités sociales.


Données et sources

Source officielle de l’étude

DOI : https://doi.org/10.1007/s11136-026-04285-x

Titre : Socioeconomic inequalities in health-related quality of life during the COVID-19 pandemic: a six-country comparison using the EQ-5D-5 L

Revue : Quality of Life Research

Éditeur : Springer Science and Business Media LLC

Auteurs : Joëlle Eijkens; Joshua M. Bonsel; You-Shan Feng; M. F. Bas Janssen; Erica I. Lubetkin; Juanita A. Haagsma

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